1997 - Selection des Lectrices
de Elle, Princesses d'Ailleurs aux éditions Phébus.
1995 - Prix Radio France pour l'association Parrains
par' mille.
1990 - Prix littéraire Georges Brassens,
Rousse comme personne aux éditions Stock.
1980 - Prix du Jeune Cinéma Français,
"La Femme de Parchemin".
Si "transformer le malheur en épreuve" caractérise
le processus de résilience selon la définition de
Catherine Enjolet, nul doute qu'elle en est l'exemple même.
C'est ce pouvoir d'alchimie au quotidien dont elle transmet le secret.
Son enfance, sa vie personnelle et professionnelle, sa création
littéraire comme son engagement; tout converge vers un parcours
qui prend naturellement sens et apparaît à tous ceux
et celles qui suivent son sillage, comme une évidence.
Dès son premier roman salué par la critique, des personnalités
ne s'y sont pas trompé en rendant hommage à son talent
comme l'académicien Jean-Denis Bredin ou l'éthnologue
Boris Cyrulnik qui préfacera ensuite ses essais et parrainera
son action nationale. Catherine Enjolet est née à
Paris, elle a grandie dans une famille précarisée
par les accidents de la vie, elle apprend à survivre aux
blessures et aux traumatismes de l'enfance abusée. "J'ai
l'habitude de mourir, c'est la vie." sont les premiers mots
de Princesse
d'Ailleurs, roman autobiographique qui
fait le récit de son parcours d'enfant résiliente.
Elle choisit de parler à la première personne pour
tous les enfants qui ne peuvent pas. "Chaque fois que quelqu'un
commence à parler, c'est le silence de tous qui recule"
confirme-t-elle dans En
danger de silence.
C'est en autodidacte qu'elle étudie par cours du soir pour
salariés ou par correspondance pour rattraper les études
secondaires auxquelles elle n'a pas accès et parvenir aux
examens et concours qui lui permettront l'entrée à
l'université puis à l'Ecole Normale. Devenue professeur
par des chemins de traverse, à vingt trois ans, elle commence
ses expériences pédagogiques aux Etats Unis, comme
Teachnig Assistante dans l'état du Delaware.
Elle se spécialise en Lettres Modernes et en Etudes cinématographiques.
Sa thèse sur Les relations de la littérature et de
l'audiovisuel en France est remarquée par l'INA. Titularisée
dans le secondaire à son retrour en France, elle enseigne
très vite en parallèle l'écriture de scénario.
Ses premiers essais de réalisatrice sont d'emblée
couronnés par le Prix du Jeune Cinema Français et
l'INA la nomme Chargée de mission en 1983.
Chargée de cours Expression-communication et Culture Générale
à la Sorbonne et à l'Université Jussieu, celle
qui a choisi la vocation de Professeur de l'Etre ne se
consacre pas moins à ses élèves du secondaire
et, face à de trop nombreux enfants et adolescents désignés
dès le plus jeune âge à rejoindre le rang des
exclus, il lui faut agir. Rien de pire que l'inhibition. Pour Poussin
qui se noie sous les lumières institutionnelles du système
scolaire, pour Angélica retirée brutalement à
sa famille et tous les autres qui lui renvoient le miroir de sa
propre enfance, il faut innover. De toute urgence. Si elle mesure
l'ampleur des détresses, elle perçoit aussi le formidable
potentiel de solidarité... En 1990, elle décide de
profiter de la promotion médiatique de son premier prix littéraire
pour transmettre ses convictions. Le parrainage se répand
dès lors comme une trainée de poudre et est officiellement
lancé par une rencontre télévisée avec
le Ministre de la Famille. L'association reçoit le Prix Radio
France. Agrée par le Ministère de la Jeunesse et des
Sports. Parrains
par Mille, permet à tous celles
et ceux - par milliers - qui ont envie d'agir, de faire "quelque
chose", de créer des liens avec un enfant ou un jeune
qui a besoin d'eux. Ses slogans, malgré la réticence
générale des décideurs et des institutions,
sont lancés :
- Tout près de chez vous, un enfant a besoin de vous.
- Parrainez un enfant du bout ... de la rue.
- "Merci de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas."
- Des liens pour chacun.
Mère, tutrice, marraine, Catherine Enjolet,
seule fille d'une fratrie, a été confrontée,
dès le plus jeune âge, aux responsabilités vitales
à assumer. Sans moyens, elle tisse, pourtant, très
vite, un réseau de bénévoles comme elle, élargi
en France et cautionné par un Comité d'honneur :
Benoite Groult, Boris Cyrunik, Jean d'Ormesson,
Hubert Reeves, Albertt Jacqard, Yves Duteil,
Maxime Leforestier, Jacques Salomé, Christiane Collange.
L'expérience est très vite sollicitée
par l'Europe et au Québec. Une des ses citations est reprise
pour une campagne humanitaire "ceux qui ne savent pas donner
ne savent pas ce qu'ils perdent"... Si des lettres de félicitations
lui parviennent des plus hautes personnalités officielles,
celles qu'elle reçoit des lecteurs, des enfants, des familles
et de tous ceux et celles rejoignant, toujours plus nombreux son
action confortent, jour après jour, sa détermination.
La bonne fée des enfants maltraités titrait
l'express en 1997, la Zola de l'an deux mille écrivaient
les lectrices du prix de Elle qui sélectionnaient son autobiographie.
Son engagement s'écrit en forme de triptyque; raconter, dénoncer
puis proposer avec Les liens du Sens. Jurée de plusieurs
prix littéraires, si elle publie régulièrement
de nouveaux livres, elle intervvient parallèlement dans des
débats, colloques ou formation; littérature et engagement
même combat en faveur de ses liens du sens concept
de son dernier livre qu'elle développe naturellement, nourri
de son histoire comme de son action, et déjà largement
repris, "Celle qui entrait en littérature par la grande
porte" (Paul Guimard) avec son roman Rousse
comme personne, n'a pas fini d'engager
sa plume pour la cause des enfants.
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